Poppy Appeal

Vous avez sans doute remarqué que depuis plusieurs semaines « fleurissaient » des coquelicots sur certaines personnalités britanniques ?

Le coquelicot en papier, porté au Royaume-Uni (sauf en Écosse) chaque année de fin octobre jusqu’au 11 novembre en échange de dons pour soutenir les familles des soldats morts ou blessés au combat, apparait des la fin de la première guerre mondiale d’après l’allégorie du poème In Flanders Fields de 1915 sur la sanglante seconde bataille d’Ypres.

Au champ d’honneur

Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.

Nous sommes morts
Nous qui songions la veille encore
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici

Au champ d’honneur.
À vous jeunes désabusés
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.

Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur

Adaptation française du poème In Flanders Fields de John McCrae par Jean Pariseau.

Le partage c'est la liberté

Blessé au front ? Non…Au genou !

Zur Normandie front
L’esprit est un abri commode où se réfugient et tiennent à l’aise toutes les confusions.
Paul Nougé.

L’anecdote est brève, mais n’est pas triste…

En 1955, lors du dixième anniversaire de la fin de la guerre, alors que je venais de commencer ma carrière dans le journalisme, j’ai eu l’idée d’aller dans un hôpital réservé aux vétérans pour leur demander de me raconter à quel endroit ils se trouvaient le jour précis de la Victoire et la manière dont ils ont vécu l’événement historique.

Mon reportage était destiné à être publié dans un grand hebdomadaire de l’époque et diffusé également sur les ondes de Radio-Canada.

De doute évidence, la première question adressée aux anciens militaires devait concerner leur état de santé. J’ai donc demandé au premier homme qui s’est présenté à mon micro :

  • Avez-vous été blessé au front ?
    sa réponse a été on ne peut plus spontanée.
  • Non, me dit-il, moi, c’est au genou !
    Je me suis liquéfié parce que nous étions en direct !
  • Je comprends, lui dis-je faisant mine de rien. Vous avez donc été blessé au genou…au front !
  • Non. Juste au genou. Pas au front ! corrigea-t-il en se demandant sûrement s’il n’avait pas affaire à un journaliste pas très futé ou dur d’oreille…
    Pour enchaîner, je l’ai prié de me dire comment, à son retour de la guerre (j’ai évité de dire « retour du front »), il avait retrouvé les siens.
  • Je suis allé revoir ma sœur, mais, hélas, je ne l’ai pas trouvée. Son appartement était occupé par des gens que je ne connaissais pas et qui n’avaient jamais entendu parler  d’elle. J’ai imaginé qu’elle était morte et que personne ne m’en avait jamais rien dit. Après tout, on était en guerre…

    la beauté de l’histoire, c’est qu’après avoir publié le reportage, accompagné de la photo de l’ancien combattant, j’ai reçu une lettre de sa soeur, qui était bel et bien vivante…Elle avait simplement changé d’adresse. À la fin des combats, sans nouvelles de son frère, elle s’était dit que celui-ci était probablement mort à la guerre ou, si vous préférez…au front !

Extrait du livre,  Les belles histoires d’une sale guerre – Alain Stanké.

Le partage c'est la liberté

Douglas Bader

Douglas Bader
Lors d’une rencontre avec des étudiantes, l’as de la RAF Douglas Bader a parlé de la guerre :

« Et donc, deux de ces enfoirés sont derrière moi, trois enfoirés à droite et un enfoiré à gauche. »

La directrice est devenue pâle et ajoute : « Mesdames, le Fokker est un avion allemand ! »

Ce à quoi Sir Douglas a répondu :
« Peut-être, madame, mais ces enfoirés étaient sur Messerschmitt ! »

Le partage c'est la liberté

C’est la zone

1945, les vainqueurs se partagent l’Allemagne et notamment la capitale du Reich, Berlin, en 4 zones d’occupation. Chacun sa zone, chacun son influence…

Mais est-ce valable uniquement pour L’Allemagne et Berlin ?

L’Autriche est en effet logée à la même enseigne avec une division par secteur et sa capitale, Vienne,  ô combien symbolique depuis l’Anschluss de 1938, n’échappe pas à la règle.
Elle dispose même d’une zone internationale où son administration est commune aux vainqueurs qui s’échangent chaque mois la responsabilité de la zone.

Ainsi les vainqueurs organisent  des patrouilles communes… Américains, français, anglais, russes en balade dans la même Jeep…

Le partage c'est la liberté

2 septembre 1945 – Cuirassé USS Missouri – Baie de Tokyo – Japon.

2 septembre 1945 – Cuirassé USS Missouri – Baie de Tokyo – Japon.

Capitulation du Japon impérial. Fin de la seconde guerre mondiale.

Le général Douglas MacArthur signe l’acte de capitulation avec plusieurs porte-plumes noirs sauf un Parker de couleur rouge… Deux seront offerts immédiatement aux généraux qui avaient capitulé aux Philippines et à Singapour présents derrière lui sur la photographie. le rouge était celui de Jean, l’épouse de MacArthur.

Le partage c'est la liberté

« Shōwa Tennō » Hirohito 124e empereur du Japon

14 aout 1945

« Shōwa Tennō »  Hirohito 124e empereur du Japon

« …Cependant, c’est en conformité avec les décrets du temps et du sort que Nous avons résolu d’ouvrir la voie à une ère de paix grandiose pour toutes les générations à venir en endurant ce qu’on ne saurait endurer et en supportant l’insupportable. »

Le partage c'est la liberté

Paris 25 août 1944

Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l’émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains.

Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.

Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.

Eh bien ! puisque l’ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par l’immense leçon, mais plus certaine que jamais, de ses devoirs et de ses droits.

Je dis d’abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s’agit de devoirs de guerre. L’ennemi chancelle mais il n’est pas encore battu. Il reste sur notre sol. Il ne suffira même pas que nous l’ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s’est passé. Nous voulons entrer sur son territoire comme il se doit, en vainqueurs.

C’est pour cela que l’avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon.

C’est pour cela que la grande armée française d’Italie a débarqué dans le Midi ! et remonte rapidement la vallée du Rhône.

C’est pour cela que nos braves et chères forces de l’intérieur vont s’armer d’armes modernes.

C’est pour cette revanche, cette vengeance et cette justice, que nous continuerons de nous battre jusqu’au dernier jour, jusqu’au jour de la victoire totale et complète.

Ce devoir de guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu’il exige l’unité nationale. Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n’avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu’à la fin, dignes de la France. Vive la France !

Le Général De Gaulle, hôtel de ville de Paris.

Le partage c'est la liberté