Boody traps

Boody traps : Surnom donné par le soldat américain aux objets piégés laissés par l’ennemi pour blesser ou tuer le curieux qui y touchera.

Comme par exemple un bidon d’essence piégé avec une S-Mine (Mine allemande bondissante qui libère des billes d’acier) : Lorsque le bidon est soulevé, la mine se déclenche et explose… Ou plus sournois encore, une Teller Mine (Mine antichar allemande) piégée avec une grenade :
Lors du déminage la mine est désactivé et ensuite retirée, et la grenade cachée dessous explose…

Des cartoons à l’époque sont diffusés pour sensibiliser le GI à ces pièges par l’intermédiaire du personnage « Private SNAFU » qui ne manque pas de curiosité…
Le voici :

SNAFU étant l’acronyme de « Situation Normal, All Fucked Up », que nous pouvons traduire par la situation est sous contrôle, tout part en couille

Système de visée Norden

Lors de la seconde guerre mondiale, le largage des bombes sur un objectif n’était pas aussi aléatoire ou rudimentaire  qu’on pourrait le penser, bien au contraire !

Norden installé dans un B-29 Mitchell

En effet dès 1942 les bombardiers américains Boeing B-17 sont équipés d’un viseur mis au point par Carl Norden. Ce Viseur grâce à son calculateur analogique, de son télescope et de ses gyroscopes de stabilisation permet de calculer précisément la vitesse de déplacement de l’avion (Calcul de la vitesse par rapport à un point fixe au sol, ce qui permet également dans déduire les vents contraires et donc de savoir quand précisément larguer les bombes par rapport à l’altitude indiquée sur les instruments de bord). Le viseur Norden a la particularité de prendre le contrôle de l’avion via son pilote automatique pour le guider précisément sur la cible et de déclencher lui-même le largage des bombes au bon moment, enfin en théorie…

La précision attendue est de l’ordre d’une trentaine de mètres ! La réalité d’utilisation en est malheureusement dix fois moins précise, se situant plus proche des 300 mètres… Au mieux !

Ces résultats étant peu convaincants, il est décidé de l’utiliser avec un « Master bomber » : le bombardier de tête est le seul à utiliser le viseur Norden et des lors qu’il largue ses bombes, les autres bombardiers en font de même sans autre vérification… Tout repose donc sur ce maitre bombardier, mais si une erreur est commise ou un problème technique se produit, les conséquences peuvent être terrible pour les « gens d’en bas » ! Comme par exemple lors du bombardement de Chartres le 26 mai 1944 où le premier bombardier B-26 Marauder largue ses bombes après être touché par des tirs de la Flak allemande, les autres bombardiers en feront de même pensant être sur l’objectif … Ou en Normandie lorsque le « master bomber » perd le fonctionnement de l’un de ses moteurs et doit larguer ses bombes pour s’alléger, les bombardiers qui suivent largueront leur cargaison de mort sur les troupes alliées…

Le viseur Norden reste un instrument classé top secret si bien que les instruments Norden sont démontés à chaque vol et mis au secret, de plus les équipages ont ordre de le détruire si l’appareil devait s’écraser en territoire ennemi !

Ce type de viseur sera utilisé jusqu’à la guerre du Vietnam.

Note « Top Secret » sur la destruction du Norden
Note « Top Secret » sur la destruction du Norden

Chartres se prépare à la guerre !

Le général De Gaulle sortant de Notre Dame de Chartres en août 1944.

Fin août 1939 la guerre devient inéluctable, elle éclate effectivement le 1er septembre suivant. 

La protection des vitraux de la cathédrale de Chartes commence dès le 25 aout. Par protection, il faut entendre dépose ! En effet la dépose complète des vitraux, plus de 2500 mètres carrés, est réalisée en une dizaine de jours seulement ! Il faut dire que la même opération avait déjà été entreprise pour la première guerre mondiale. 

Les vitraux sont tous numérotés (Ils le sont encore aujourd’hui comme vous pouvez le voir sur les photos) et soigneusement rangés dans des caisses, elles mêmes entreposées dans la crypte de la cathédrale.

Avec l’avancée allemande, il a été décidé de déplacer les caisses dans des carrières du Périgord pour les y cacher, du reste ce n’est rien de moins que notre Jean Moulin national qui organisa le transport, il était en effet préfet de Chartes à cette époque… Mais le temps manquait, seulement un peu plus de 500 caisses sur les 1000 ont été finalement déplacées de la crypte vers le Périgord.

Les vitraux retrouveront leur place en la cathédrale en 1948. 

 Marcel.P 6 juin 1944

Mon grand père paternel  faisait ses études de médecine à Caen lors du débarquement.
Il habitait  en centre ville, rue Geôle juste à coté des murailles du château.
Au matin du 6 juin, il monte sur le toit où il entend et voit au loin les tirs de la marine alliée, ensuite les bombardements de l’aviation alliée… C’est bien le débarquement… Il décide de partir avec deux valises…

Voici son parcours :

– Il « remonte » vers le jardin des plantes de Caen.

Jardin des plantes détruit en 1944 après les bombardements  (Col. Aub.)

 

– Ensuite il part pour Maltot (sud-ouest de Caen) et récupère une brouette…

Village de Maltot après les combats.

– Puis Esquay-Notre-Dame où il ne reste pas, car en voyant l’installation d’une batterie d’artillerie allemande, il préfère partir : En effet le village (cote 112) va subir de lourds combats, le village fut totalement détruit…

Esquay Notre Dame – Cote 112
Esquay-Notre-Dame

 

– ensuite Evrecy.

Evrecy

 


– Il retourne à Caen pour récupérer son album photo, les rues sont désertes et en ruines…

Rue Geôle – Caen- 1944

Il va mettre plusieurs jours pour rejoindre la région parisienne, Sartrouville, où habitent ses parents…

Pendant son périple, il croisera quelques combattants, dont des canadiens.
L’un deux, lui donna son canif… Le voici aujourd’hui :

Il vit actuellement en région parisienne à bientôt 97 ans…