The night of the nights

Il faisait nuit noire, un léger brouillard montait du sol. Je sautai et mon parachute s’ouvrit avec un grand claquement de toile qui traduisait la surcharge de mon équipement de combat.
J’avais 24 ans, capitaine au 501ème régiment d’infanterie rattaché à la 101ème division aéroportée qui, avec la 82ème division, avait lâché du haut du ciel 12000 hommes au cours de cette fameuse nuit. Nous étions le fer de lance de l’invasion de l’Europe.
A cette occasion, on nous avais rasé les cheveux-les chirurgiens avaient déclaré que cela serait plus commode pour recoudre les plaies du crâne-nos visages et nos mains avaient été passés au noir de fumée pour être moins visibles. Nous portions un treillis de combat et des bottes de saut spéciales. Tous nos vêtements, y compris sous-vêtements et chausettes, avaient été imprégnés d’un produit chimique destiné à nous protéger des gazs et nous sentions aussi mauvais qu’une meute de putois. En temps normal, je pesais un peu plus de 80 kg mais, cette nuit-là, je dépassais largement les 100 kg.
Mon équipement comprenait tout ce qu’il fallait pour le saut de cette nuit. Deux parachutes, l’un dans le dos et celui de secours sur le ventre. Nous portions tous un gilet de sauvetage gonflable parce que nous devions survoler la mer et sauter près d’une rivière. D’ailleurs, beaucoups d’hommes furent heureux d’en avoir été pourvu cette nuit-là.
Nous portions également un baudrier et une cartouchière autour des reins, lestée de 30 cartouches de calibre 45 pour pistolet automatique et d’une centaine de balles de 30 pour notre carabine. Ajoutez à cela deux grenades à main, un pistolet de 45 chargé et armé, une carabine à crosse pliante de 30, également chargée et armée, un poignard avec une lame de 30 cm attaché à la guêtre gauche pour les combats au corps à corps, une gamelle avec un quart, une cuillère et un plat métallique pour cuisiner, des comprimés pour purifier l’eau, une trousse d’urgence fixée au filet de camouflage du casque, une autre trousse médicale comprenant deux doses de morphine injectable, un desinfectant, des compresses. Dans une poche sur la cuisse, on avait glissé une petite mine anglaise antichar car les blindés pullulaient dans les parages, un masque à gaz (j’avais ajouté deux boites de bière). Sur les épaules, un havresac contenant un poncho imperméable, une couverture, une brosse à dents, du papier toilette et six boîtes de rations « K » de survie. Notre fourmiment comptait aussi une pelle-pioche pour creuser un abri individuel, des cartes, une lampe torche et une boussole. On nous avait en outre remis une « trousse d’évasion » contenant une boussole miniature, une carte de France imprimée sur soie et l’équivalent de 300 dollars en billet de banque français usagés. Pour parfaire notre équipement, nous avions reçu deux autres « gadgets ». D’abord une plaque-matricule d’idendification soudée à une chaîne métallique autour du cou et conçue de telle sorte qu’elle ne fasse aucun bruit malgré nos mouvements. Ensuite, à la veille de l’invasion, on nous avait munis d’une ultime surprise : un « criquet », petit objet métallique de bronze et d’acier. Quand on pressait la languette d’acier, l’objet émettait une sorte de claquement sec et quand on le relâchait, il refaisait le même bruit. Nous ne nous étions jamais servi, nous n’en avions même jamais entendu parler, mais il allait devenir, au cours de cette fameuse nuit, le moyen essentiel de reconnaissance, pour distinguer dans l’obscurité un ami d’un ennemi.
 
Patch de la 101 ème division d’infanterie aéroportée américaine « Screaming Eagles »
Sam Gibbons, I was there, Mémorial de Caen

Le coin théâtre : La démocrassouille

 
 
Voici un extrait de la pièce de théâtre « Meilleurs Alliés », un moment extraordinaire, la rencontre de De Gaulle et Churchill comme si on y était ! 
 
DE GAULLE – Oui, mais ça ne dure pas! Faites briller l’éclat de leur pays sur les scènes du monde, les Français vous applaudiront : vous êtes un grand homme, à qui l’on pardonne tout. Mais ils se lassent de la gloire, comme on se lasse d’une femme : un jour où l’autre, ils vous le font payer. Et ils retournent vite à l’ombre de leurs boutiques, en brûlant ce qu’ils adoraient la veille. Revenant à leur passe-temps favori…
 
CHURCHILL – Et qu’est-ce donc ?
 
DE GAULLE – Le café du commerce…Refaire le monde…Chaque Français a un avis sur tout : depuis l’admission des chiens dans les squares jusqu’à la conduite des affaires étrangères. Il est persuadé, au fond de lui-même, qu’il pourrait diriger le pays mieux que n’importe qui…La France, c’est 40 millions de présidents !
 
CHURCHILL – Décidément, vous n’aimez pas les Français !
 
DE GAULLE – La politique, la grande, c’est toujours un amour déçu… Et puis détrompez-vous : j’aime le peuple de France, pas ceux qui le représentent.Les politicards, les petits chefs de partis, ces bateleurs qui n’ont pas la queue d’une idée, qui ne sont à l’aise que dans la guéguerre des clans, le marigot des petites phrases, la carambouille…Tout ce qu’ils veulent, c’est revenir à leurs petites combines, celles où l’on se distribue les places, celles qui ont conduit la France au précipice ! Ce n’est pas de la démocratie qu’ils aiment, ces pygmées, c’est la démocrassouille, où ils se tiennent tous par la barbichette !
 
CHURCHILL – Ah, la démocratie…
 
DE GAULLE – Son drame, ce n’est pas le suffrage universel…Au fond, c’est très bien que la voix de l’ouvrier pèse autant que celle du Prix Nobel…De toute façon, les grands hommes sont aussi cons que les autres…Non, le problème ce sont les partis, ces machines à promouvoir des roublards, des va-de-la-gueule ou des ravis de la crèche… Des arsouilles qui prétendent ensuite gouverner un pays !
 
Hervé Bentégeat – meilleurs Alliés.
 

Le coin théâtre : ACTE I

 

Voici un extrait de la pièce de théâtre « Meilleurs Alliés », un moment extraordinaire, la rencontre de De Gaulle et Churchill comme si on y était !

La scène se passe le 4 juin, à 5 heures du soir, dans le wagon de Churchill, près de Portsmouth, aménagé en bureau de commandement.
 
De Gaulle : L’amour…Qu’est-ce que c’est, l’amour ? Un spasme de quelques secondes, aussi bref et violent qu’un coup de mitraillette, suivi d’un long malentendu…
Churchill : (Sortant des toilettes en réajustant son pantalon) Finalement, je crois que la seule supériorité de l’homme sur la femme, c’est qu’il peut pisser debout ! Vous savez où commence la sénilité, de Gaulle ? C’est quand on oublie de fermer sa braguette. Et vous savez où elle finit ? Quand on oublie de l’ouvrir !
 

Le coin théâtre : Meilleurs Alliés

“Le 4 juin 1944, Churchill convoque de Gaulle à Londres pour lui faire part de l’imminence du débarquement des troupes alliées en Normandie.
De Gaulle est furieux : la France libre est écartée de la plus grosse opération militaire de tous les temps, qui aura lieu sur les côtes de France.
La rencontre se passe très mal. Au point que Churchill envisage d’enfermer de Gaulle quelque part en Angleterre.
Un face-à-face orageux entre deux monstres de l’Histoire, qui éprouvent l’un pour l’autre un mélange d’estime et d’agacement, de fascination et d’exaspération.”

Bienvenue en Normandie nous sommes le mardi 6 juin 1944….

Message distribué à tous les participants de l’opération Overlord

« Soldats, Marins et Aviateurs des forces expéditionnaires alliées !

Vous êtes sur le point de vous embarquer pour la grande croisade vers laquelle ont tendu tous nos efforts pendant de longs mois. Les yeux du monde sont fixés sur vous. Les espoirs, les prières de tous les peuples épris de liberté vous accompagnent. Avec nos valeureux alliés et nos frères d’arme des autres fronts, vous détruirez la machine de guerre allemande, vous anéantirez le joug de la tyrannie que les nazis exercent sur les peuples de l’Europe et vous apporterez la sécurité dans un monde libre.

Votre tâche ne sera pas facile. Votre ennemi est bien entraîné, bien équipé et dur au combat. Il luttera sauvagement. 
Mais nous sommes en 1944. beaucoup de choses ont changé depuis le triomphe nazi des années de 1940-1941. Les Nations-Unies ont infligé de grandes défaites aux Allemands dans des combats d’homme à homme. Notre offensive aérienne a sérieusement diminué leur capacité à faire la guerre sur terre et dans les airs. Notre effort de guerre nous a donné une supériorité écrasante en armes et en munitions et a mis à notre disposition d’importantes réserves d’hommes bien entraînés. La fortune de la bataille a tourné ! Les hommes libres du monde marchent ensemble vers la victoire !
J’ai totalement confiance en votre courage, votre dévouement et votre compétence dans la bataille. Nous n’accepterons que la Victoire totale ! 
Bonne chance ! Implorons la bénédiction du Tout-Puissant sur cette grande et noble entreprise  »

Général Eisenhower