Le coin lecture : dans l’honneur et par la victoire


« Le 30 juin 1944, le général de Gaulle m’a introduit dans l’Ordre de la Libération. Soixante-dix-sept ans plus tard, étant le dernier à pouvoir porter la croix qui en est l’emblème, je sens sur mes épaules le poids de l’engagement sacré de mes Compagnons. À tous mes compatriotes, et en particulier à ceux des générations pour qui cette époque peut désormais sembler bien lointaine, je veux rappeler que chez chacun d’entre nous le devoir l’emporta sur la recherche de tout intérêt personnel. Nous avions été élevés avec l’idée qu’être français conférait des libertés, enviées par beaucoup de peuples, mais aussi et avant tout des obligations. Cela peut paraître de la simple rhétorique jusqu’au jour où des circonstances exceptionnelles viennent bouleverser les habitudes et contraindre à faire des choix. Ce fut le cas en 1940 quand notre pays s’effondra en quelques semaines. Pour les Compagnons, servir la France s’imposait comme une évidence, une mission impérieuse à accepter sans discuter. D’ailleurs, la plupart de ceux qui gagnèrent l’Angleterre ou rallièrent la France libre depuis des territoires éloignés eurent la conviction que jamais ils ne reverraient leur famille, leurs amis, leur pays, Au soir de ma longue vie, je suis convaincu que tous savaient que leur engagement ne s’arrêterait pas avec la guerre, C’est dans cet esprit que le général de Gaulle créa l’Ordre de la Libération. »

Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération.

Extrait de la préface du livre :
Dans L’honneur et par la victoire
Jean-Christophe Notin.
Editions Calmann-Lévy.

Le partage c'est la liberté

Le coin lecture : Infographie de la seconde guerre mondiale

Infographie de la seconde guerre mondiale – Édition Perrin – Dirigé par Jean Lopez.

Un ouvrage qui s’articule sur de l’infographie moderne particulièrement efficace pour rapidement comprendre et assimiler les données, les chiffres essentiels du dernier conflit mondial.

J’insiste sur l’efficacité de cet ouvrage, dans un texte les chiffres sont souvent enfouis et pas forcément comparables facilement avec d’autres valeurs, mais ici c’est totalement l’inverse, la pertinence des chiffres comparés sous forme de graphiques et autres histogrammes est flagrante.

Ce livre est une très bonne idée, à posséder dans sa bibliothèque.

Infographie de la seconde guerre mondiale

 

Le partage c'est la liberté

Le coin lecture : Les généraux allemands parlent

Rien n’est plus important pour préparer l’écriture de l’histoire d’un grand conflit que d’amasser des témoignages du camp d’en face, car contempler un conflit « de son propre côté de la colline » risque fort de produire un récit qui sera non seulement distordu, mais incomplet.
Les généraux allemands parlent

Basil H. liddell Hart

Les généraux allemands parlent
Les généraux allemands parlent

Le partage c'est la liberté

Camp de Drancy 1942, plaque tournante de la déportation juive en France

Marcelle Christophe y était à cette époque avec sa fille Francine.

« Aux heures autorisées, Francine s’amusait dans la cour avec d’autres gosses. Un matin, elle remonta dans la chambrée, secouée de sanglots. « Maman ! regarde par la fenêtre ! Tout ce groupe d’enfants ! Les plus jeunes ont deux ou trois ans, les plus vieux une dizaine. Ils n’ont plus de papa et de maman. Vont-ils, eux aussi, partir pour Pitchipoï ? »

C’est ainsi que les enfants de Drancy appelaient ce lieu étrange et inquiétant qu’on ne savait pas encore être l’enfer…

(La France  torturé de Gérard Bouaziz.)

Le partage c'est la liberté

Ami, si tu tombes…

La nuit qui précéda sa mort

Fut la plus courte de sa vie

L’idée qu’il existait encore

Lui brûlait le sang aux poignets

Le poids de son corps l’écœurait

Sa force le faisait gémir

C’est tout au fond de cette horreur

Qu’il a commencé à sourire

Il n’avait pas un camarade

Mais des millions et des millions

Pour le venger, il le savait

Et le jour se leva pour lui.

Paul Eluard.

Un seul combat

Le partage c'est la liberté

Ils étaient 1038

Depuis janvier 2019, Ils ne sont plus que 4 compagnons de la libération

Edgard Tupët-Thomé (99 ans)

Hubert Germain (99 ans)

Daniel Cordier (99 ans)


Pierre Simonet (97 ans).

Le partage c'est la liberté

Je me souviens

 

Je me souviens d’un temps
que je n’ai pas connu
Je me souviens d’un jour
que je n’ai pas vécu
Je me souviens de tout
pourtant je n’ai rien vu
et si je m’en souviens,
c’est parce que je suis libre.

Le partage c'est la liberté

La résistance continue

Un chant s’envole

Fenêtre grillagée, bâtisse où règne l’ombre,

Où le soleil ne luit qu’entre des murs très hauts,

Où le regard cherchant des horizons nouveaux

Se heurte à la grisaille, l’uniformité sombre.

C’est la triste Roquette où, bien loin de la vie,

Sont celles qu’on accuse d’aimer trop leur Patrie

Un chant s’envole et monte et remplit le faubourg,

Clamant bien haut la haine, la souffrance et l’espoir.

Français, délivrez-nous ! Vous ne pouvez savoir

Combien dure est l’attente et le silence lourd !

jacqueline Farge – La Roquette – 14 juillet 1943.

Extrait de La France Torturée de Gérard Bouaziz (Préface de Lucie Aubrac) 

 

Le partage c'est la liberté

La Marseillaise

De très nombreux témoignages évoquent ces Marseillaises chantées à pleins poumons comme ultime forme de résistance, de révolte et de solidarité quand toute autre était impossible. Même dans les prisons allemandes, comme à Montluc, en ce printemps 1944, où la Gestapo vint régulièrement prélever des otages : « Pour cette fois*, notre cellule avait de la chance, car personne n’a été désigné pour cette nouvelle aventure. Le commandement pour le départ a été répété par tous les surveillants. Moments inoubliables. Tous les partants entonnèrent la « Marseillaise ». Plus les brutes de la Gestapo et les soldats de l’escorte criaient et menaçaient pour faire taire, plus nos camarades chantaient fort. Il y eut des coups de poing et des coups de crosse. Nous, dans les cellules, les larmes aux yeux, nous les approuvions en frappant tant que nous le pouvions avec nos mains et nos pieds contre la porte. Jamais je n’ai entendu chanter notre hymne national avec autant de conviction. Puis c’était le « Chant des Adieux ». Nous les entendions s’éloigner ».

*Témoignage de René Bronner. Extrait de La France Torturée de Gérard Bouaziz (Préface de Lucie Aubrac, un livre difficile mais à lire absolument) 

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