La résistance continue

Un chant s’envole

Fenêtre grillagée, bâtisse où règne l’ombre,

Où le soleil ne luit qu’entre des murs très hauts,

Où le regard cherchant des horizons nouveaux

Se heurte à la grisaille, l’uniformité sombre.

C’est la triste Roquette où, bien loin de la vie,

Sont celles qu’on accuse d’aimer trop leur Patrie

Un chant s’envole et monte et remplit le faubourg,

Clamant bien haut la haine, la souffrance et l’espoir.

Français, délivrez-nous ! Vous ne pouvez savoir

Combien dure est l’attente et le silence lourd !

jacqueline Farge – La Roquette – 14 juillet 1943.

Extrait de La France Torturée de Gérard Bouaziz (Préface de Lucie Aubrac) 

 

Le partage c'est la liberté

L’invasion dans 48 heures

Extrait traduit du journal des marches et opérations de la 15ème armée allemande faisant allusion au message Verlaine capté sur la BBC par les services de renseignements allemand.

« Les sanglots longs des violons de l’automne

Blessent mon coeur d’une langueur monotone. »

D’après ce message l’invasion commencera dans les prochaines 48 heures….

Le partage c'est la liberté

Je reprends ma valise

Voici une chanson, quelque peu détournée, qu’aimait chanter ma grand mère dans les années 40 en Normandie ! Je l’embrasse au passage.

Je reprends ma valise,
Ma canne et mon pépin,
Ma grosse malle grise et mon p’tit sac à main.
Et je pars à la gare en disant j’en ai marre de la gueule à Pétain !

Le partage c'est la liberté

La Marseillaise

De très nombreux témoignages évoquent ces Marseillaises chantées à pleins poumons comme ultime forme de résistance, de révolte et de solidarité quand toute autre était impossible. Même dans les prisons allemandes, comme à Montluc, en ce printemps 1944, où la Gestapo vint régulièrement prélever des otages : « Pour cette fois*, notre cellule avait de la chance, car personne n’a été désigné pour cette nouvelle aventure. Le commandement pour le départ a été répété par tous les surveillants. Moments inoubliables. Tous les partants entonnèrent la « Marseillaise ». Plus les brutes de la Gestapo et les soldats de l’escorte criaient et menaçaient pour faire taire, plus nos camarades chantaient fort. Il y eut des coups de poing et des coups de crosse. Nous, dans les cellules, les larmes aux yeux, nous les approuvions en frappant tant que nous le pouvions avec nos mains et nos pieds contre la porte. Jamais je n’ai entendu chanter notre hymne national avec autant de conviction. Puis c’était le « Chant des Adieux ». Nous les entendions s’éloigner ».

*Témoignage de René Bronner. Extrait de La France Torturée de Gérard Bouaziz (Préface de Lucie Aubrac, un livre difficile mais à lire absolument) 

Le partage c'est la liberté

Bloody Omaha

 

Le colonel George A. Taylor, commandant du 16 ème régiment  de la fameuse 1 ère division d’infanterie « The big red one », hurle à ses troupes sur Omaha beach : « Il y a deux sortes de personnes qui restent sur cette plage: celles qui sont mortes et celles qui vont mourir. Maintenant, sortons d’ici. »

Le partage c'est la liberté

Soyons fermes

« Soyons fermes, fiers et fidèles ; au bout de nos peines, il y a la plus grande gloire du monde, celle des hommes qui n’ont pas cédé. »

Charles de Gaulle, 14 juillet 1943

 

Le partage c'est la liberté

Louis de Cazenave

« La guerre ? Hay hay hay ! Un truc absurde, inutile ! À quoi ça sert de massacrer des gens ? Rien ne peut le justifier, rien ! »

Louis de Cazenave (1897-2008) Dernier survivant du Chemin des Dames et avant dernier poilu en vie. 

Le partage c'est la liberté

 Marcel.P 6 juin 1944

Mon grand père paternel  faisait ses études de médecine à Caen lors du débarquement.
Il habitait  en centre ville, rue Geôle juste à coté des murailles du château.
Au matin du 6 juin, il monte sur le toit où il entend et voit au loin les tirs de la marine alliée, ensuite les bombardements de l’aviation alliée… C’est bien le débarquement… Il décide de partir avec deux valises…

Voici son parcours :

– Il « remonte » vers le jardin des plantes de Caen.

Jardin des plantes détruit en 1944 après les bombardements  (Col. Aub.)

 

– Ensuite il part pour Maltot (sud-ouest de Caen) et récupère une brouette…

Village de Maltot après les combats.

– Puis Esquay-Notre-Dame où il ne reste pas, car en voyant l’installation d’une batterie d’artillerie allemande, il préfère partir : En effet le village (cote 112) va subir de lourds combats, le village fut totalement détruit…

Esquay Notre Dame – Cote 112
Esquay-Notre-Dame

 

– ensuite Evrecy.

Evrecy

Le 15 juin pendant la nuit, vers trois heures du matin, les bombes alliées pleuvent sur la commune d’Evrecy. En vingt minutes, le village est rasé : 130 morts sur 400 habitants !


– Il retourne à Caen pour récupérer son album photo, les rues sont désertes et en ruines…

Rue Geôle – Caen- 1944

Il va mettre plusieurs jours pour rejoindre la région parisienne, Sartrouville, où habitent ses parents…

Pendant son périple, il croisera quelques combattants, dont des canadiens.
L’un deux, lui donna son canif… Le voici aujourd’hui :

Il vit actuellement en région parisienne à bientôt 98 ans…

Le partage c'est la liberté