George Dickson

« l’apres-midi du jour J, nous étions enterrés dans nos trous individuels en périmètre défensif sur les hauteurs surplombant les écluses de la Barquette.Cet après-midi-là, je fus touché par deux fois.J’étais dans un trou de fusilier, et pour vous dire comme j’etais malin, j’ai été me mettre à un autre endroit, là où deux types avaient au préalable été tués ! QUelle décision stupide c’était ! Ca commençait à drolement chauffer là-haut et un certain moment un P-47 est apparu mitraillant des positions, en rase-mottes, derrière moi.J’étais couché sur une pile de fumier et j’ai tourné la tete pour voir ces avions.Un tireur allemand avait pris ma position en ligne de mire et quand il repèra le grand « E » blanc peint sur le coté de mon casque – BOOM- je pris une balle dans la tete. La balle perça mon casque, tourna à l’interieur, et termina sa course dans mon cou.Rafferty, un lieutenant du 501eme,m’ota la balle.l’impact me fit basculer en arrière et là ces boche ont vraiment commencé à me les chauffer ! Plus tard dans l’après-midi, alors que j’escortais des prisonniers allemands vers l’arrière, l’enfer se mit soudainement à se déclencher autour de moi.Un tir de barrage de mortier et de 88mm enveloppa le groupe.Un obus explosa à coté de moi, et après qu’il toucha le gosse qui était avec moi, il me toucha à la tete encore une fois.Mon casque absorba la majeure partie du choc et me sauva.C’était seulement la premier jour et j’avais déjà failli y passer par deux fois ! Je devais ma vie à ce casque ! C’était mon casque porte bonheur et, aussi endommagé qu’il était, je décidai de le porter tout le restant de la guerre. »
 
Casque de George Dickson impacté !
 
Souvenir de George Dickson.
(source : musée Dead’s man corner.)
Le partage c'est la liberté

Omaha la sanglante

« Bien sûr tous ceux qui allaient participer étaient très occupés. Nous nous préparions depuis des mois avec des manoeuvres intensives de tous types. J’étais dans la 1ère Division , 16ème d’Infanterie, Compagnie G. J’étais First Sargent avec 226 hommes et l’assistance médicale.
Notre assaut commença à 6 heures 30. Nous avons quitté nos navires de transports et nous avons été chargés en vue du débarquement. Nous avons en affet atteint la plage à 7 heures environ. Alors que nous approchions du rivage, nous avons rencontré un feu nourri provenant de tous les types d’armes qu’ils possédaient.
Sur la 1ère vague, un grand nombre d’hommes était perdu, tué et blessé. J’étais sur la plage depuis environ 50 yards lorsque j’ai été sérieusement blessé à la cuisse droite et au bras droit. La meilleure anecdote me concernant est que je suis resté sur la plage une bonne partie de la journée avant d’obtenir de l’aide. L’infection s’était installée et il s’en fallu de peu que je perde ma jambe et mon bras. J’ai été évacué dans un hôpital en Angleterre et ensuite aux Etats-Unis où je suis resté à l’hôpital pendant quelques temps. Je boîte de la jambe droite et elle est beaucoup plus faible que la gauche mais pendant toutes ces années j’ai réussi à m’en servir.
Je dois dire que je ne peux toujours pas nous imaginer survivre à ce que l’on a fait à Omaha. Tout ce que je pouvais voir était des morts et des blessés. Il semblait qu’ils étaient empilés les uns sur les autres, une vision dont je ne veux pas me souvenir !
J’ai perdu beaucoup de bons amis là bas. J’ai aussi participé à l’invasion d’Afrique du Nord et de Sicile mais rien n’était comme Omaha. Beaucoup de bateaux firent naufrage et beaucoup d’hommes furent perdus avant de pouvoir atteindre la plage d’Omaha. Bien sûr, la plage était parsemée d’obstacles en tous genres et de mines, qui la rendaient presque impossible à traverser. Je ne pensais pas que nous pouvions le faire et nous l’avons fait ! Laissant beaucoup de braves gars morts ou grièvement blessés. Pendant que j’étais allongé et que je regardais vague après vague, il m’a semblé qu’ils gagnais du terrain.Je n’ai pas été impliqué dans l’action après le débarquement car j’ai été évacué quelques heures plus tard. Je sais que çà a été très difficile et que nous avons payé beaucoup pour chaque pied de terrain que nous avons gagné. C’était assurément une bataille sanglante.
Nous nous sentions tous fiers d’être là pour aider les alliés à stopper Hitler. Les Français sont sortis pour montrer leur gratitude. Ils peuvent être fiers du rôle qu’ils ont joué pour gêner les Allemands lorsqu’ils en ont eu la possibilité. Je suis heureux de partager cette histoire avec vous parce que çà vaut le coup. J’espère que les jeunes générations comprendront que les Américains sont leurs amis et que nous devons travailler ensemble pour éviter qu’un autre Dictateur apporte encore la mort et la souffrance.
Je mentionne le Capitaine Joe Dawson. Il était mon Commandant de Compagnie. Il a grimpé une colline avec une poignée d’hommes et s’en est emparé en réduisant un nid de mitrailleuse. La colline porte le nom de Dawson Ridge aujourd’hui et il fut décoré de la Distinguished Service Cross par le Général Eisenhower. Dawson était un ami. Il est décédé en 2002. Je vous souhaite à vous et votre pays le meilleur et puissions nous profiter de la liberté pour laquelle nous nous sommes battus pendant un long moment. »
 
EUEL W. Lambert Témoignage recueilli par Pascal Lhoutellier en juillet 2003
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