Ne m’oublie pas

Toujours sympa à écouter « Un été 44 » : la comédie musicale signée Jean-Jacques Goldman, Charles Aznavour, Alain Chamfort, Yves Duteil, Maxime Le Forestier etc…

Le partage c'est la liberté

Paris 25 août 1944

Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l’émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains.

Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.

Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.

Eh bien ! puisque l’ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par l’immense leçon, mais plus certaine que jamais, de ses devoirs et de ses droits.

Je dis d’abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s’agit de devoirs de guerre. L’ennemi chancelle mais il n’est pas encore battu. Il reste sur notre sol. Il ne suffira même pas que nous l’ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s’est passé. Nous voulons entrer sur son territoire comme il se doit, en vainqueurs.

C’est pour cela que l’avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon.

C’est pour cela que la grande armée française d’Italie a débarqué dans le Midi ! et remonte rapidement la vallée du Rhône.

C’est pour cela que nos braves et chères forces de l’intérieur vont s’armer d’armes modernes.

C’est pour cette revanche, cette vengeance et cette justice, que nous continuerons de nous battre jusqu’au dernier jour, jusqu’au jour de la victoire totale et complète.

Ce devoir de guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu’il exige l’unité nationale. Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n’avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu’à la fin, dignes de la France. Vive la France !

Le Général De Gaulle, hôtel de ville de Paris.

Le partage c'est la liberté

Vire – Normandie – 8 août 1944

Cette ville du Calvados, devait être prise par les alliés fin juin, du moins sur les plans d’invasion…En effet le bocage normand offre aux défenseurs allemands un avantage considérable dans le ralentissement de l’avancée des armées alliées, la fameuse et impitoyable bataille des haies…

Il faut attendre le déclenchement de l’opération Cobra, le 25 juillet, pour voir la ligne de défense allemande s’effondrer et permettre une progression rapide des armées américaines. 

Mais Vire, dès le 6 juin 1944, sera la cible des bombardiers américains vers 20 heures et britanniques vers 2 heures du matin dont le but est de ralentir la montée en ligne des troupes allemandes. 80% de la ville est détruite et beaucoup de Virois y laisseront la vie. 

Vire ne sera totalement libérée que le 8 août vers 17h45 par la 29 eme division d’infanterie US, la célèbre « Blue and Gray division » qui débarqua sur Omaha beach le Jour-J.   

Vire peut enfin connaître le doux parfum de liberté, qu’elle a payé au prix fort, comme beaucoup d’autres villes et villages normands. 

Le partage c'est la liberté

Les destins de l’histoire : USS INDIANAPOLIS

 


Hier 6 août et le 9 août prochain sont respectivement les deux dates des tristes anniversaires de l’usage des bombes atomiques sur les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki.
Peu de temps avant, le 26 juillet 1945, le croiseur USS Indianapolis livrait une cargaison secrète sur l’ile de Tinian.
Cette île étant la base de départ des Boeing B-29 sélectionnés pour les prochains raids atomiques…
La cargaison se composait principalement d’uranium 235 enrichi et d’autres matériels indispensables au fonctionnement de Little Boy, la bombe prochainement larguée sur Hiroshima…
Sa mission effectuée, l’USS Indianapolis reprend la mer.
Dans la nuit du 29 au 30 juillet, vers minuit, il sera torpillé deux fois par le sous marin japonais I-58. Le croiseur coulera en 12 minutes. Seulement 317 marins seront sauvés quelques jours plus tard sur les 1197 hommes d’équipage.
6 jours plus tard, Little Boy exterminera de son feu atomique plus de 70000 personnes en un instant…

Le partage c'est la liberté

Dog Beach Patrol

‘Dog Beach Patrol’, (Peut-être sur Parramore Beach, Virginia, US, octobre 1943). (Source – United States Coast Guard – Photo No.726., colorisée par Royston Leonard du Royaume-Uni)

Le partage c'est la liberté

The Bren Gun Girl

Veronica Foster (née en 1922 – déc. 2000), connue sous le nom de «Ronnie, The Bren Gun Girl», était une icône canadienne représentant près d’un million de femmes canadiennes travaillant dans les usines de fabrication de munitions et de matériel pendant la Seconde Guerre mondiale. Colorisé par Paul Reynolds. Historic Military Photo Colourisations)

Le partage c'est la liberté

Lucky Strike

« Lucky Strike » 1944. Les États-Unis était le seul pays à équiper leurs troupes d’un fusil à chargement automatique comme arme d’infanterie standard de la seconde guerre mondiale. Il donna à ses troupes un énorme avantage en termes de puissance de feu, et conduisit le général George Patton à appeler le M1 Garand, «Le plus grand instrument de bataille jamais conçu» (Colorized by Paul Reynolds, Color Military Photo Colourisations)

Le partage c'est la liberté

Liberté et censure

 

Pendant l’occupation allemande du territoire français et à partir de septembre 1940, la liste Otto fait son apparition, elle comporte les ouvrages retirés de la vente par les éditeurs ou interdits par les autorités allemandes.  Y figure les réfugiés politiques, les écrivains juifs, Aragon,  Romain Rolland, etc. 
En juillet 1942, le syndicat des éditeurs, collaborant volontiers avec l’occupant, complète cette liste par une deuxième liste ; nous y trouvons des traductions de l’anglais, des ouvrages d’auteurs juifs, biographies consacrées à des auteurs juifs...Et face à ce syndicat de collaboration, il y a eu le Journal général de la librairie française clandestine.

« Eluard avait écrit le poème Liberté , tout le monde connaît, et Max-Pol Fouchet avait fait la connaissance d’Eluard à Paris, qui lui a donné ce poème sous le titre Une Seule Pensée . Ce poème a paru dans la revue et ce jour-là, le censeur de Vichy a commencé à lire les poèmes, il n’avait sans doute pas l’habitude, «j’écris ton nom, j’écris ton nom, j’écris ton nom», et il a dit: Encore un poème d’amour !, et il n’a pas été jusqu’à la dernière ligne qui était le mot Liberté. Et c’est comme ça que le poème a pu paraître officiellement dans la revue de Max-Pol avant qu’elle ne devienne clandestine.  »
(Madeleine Braun)

 

Liberté
(Une Seule Pensée) 
Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard
Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand (1945, Les Editions de Minuit)

 

 

Le partage c'est la liberté