Le coin lecture : La guerre inconnue

Je suis d’avis de m’intéresser aussi bien aux récits du « camp des vainqueurs « que ceux des vaincus, en effet derrière une cause, une doctrine, un ordre, il y a des Hommes qui se heurtent aux horreurs de la guerre… Pour avoir une idée globale d’un conflit il faut en étudier les différentes parties. Cependant, Le recul est indispensable pour ne pas tomber dans le piège des interprétations, confusions, fausses idées de ses auteurs. Cela reste un fabuleux voyage historique ! Bonne lecture à vous.

Voici mes premières impressions sur ce livre que je n’ai pas encore terminé, qui est à lire avec recul et méfiance par rapport aux faits racontés, il reste cependant très intéressant.
En effet Otto Skorzeny, autrichien de naissance, s’engage dans la Waffen SS; l’élite de l’armée allemande d’après ses dires… Ensuite il rejoindra le bataillon Friedenthal qu’il dirige à partir de 1943 (Section faisant partie de l’Office central de la sécurité du Reich : RSHA et plus particulièrement de l’Amt.VI S), spécialisée dans les opérations commandos.

Ayant survécu à la guerre son témoignage global permet de se pencher sur son point de vue et ses idées quant au déroulement de ce conflit mondial.
Plus anticommuniste qu’antisémite, du reste il travaillera pour les services secrets du Mossad israélien après guerre, nous ressentons toutefois dans ses écrits  son approbation de la façon dont Hitler conduit la guerre et si on l’écoute : les conjurés (L’amiral Canaris, le général Beck, Hoepner etc…) y sont pour beaucoup dans la défaite de l’Allemagne…

Pour finir et avant de partager avec vous un extrait de son livre, voici une citation à ne jamais perdre de vue :

« L’héroïsme des troupes hitlériennes ne peut qu’être oublié, tant l’horreur de la cause défendue en rend impossible la célébration »
Jean Claude Barreau – toute l’histoire de France.

Préface : « 12 septembre 1943. Le monde découvre celui que l’on va désormais appeler « L’homme le plus dangereux d’Europe « . Un audacieux raid de parachutistes vient de libérer le Duce au nez et à la barbe des forces alliées. L’opération aéroportée, qualifiée de  » techniquement impossible  » est une réussite totale.
Churchill déclarera :  » Cette guerre que nous vivons est effarante et stupéfiante. Le coup audacieusement conçu fut magistralement asséné. »
Otto Skorzeny, solide gaillard, ancien champion de ski, et adepte de tous les sports à risque, ingénieur, est mobilisé dans la Waffen SS et combat en Yougoslavie et sur le front russe. Il est alors chargé de créer une force spéciale sur le modèle des commandos anglais : la SS Friedenthal.
Plus tard la formation de Skorzeny, après avoir loupé de peu l’enlèvement de Tito, met à l’abri à Budapest le régent Horthy qui allait signer une paix séparée avec les Soviétiques, qui aurait certainement déstabilisé le front allemand bien avant l’heure.
Ses nageurs de combat coulent 30000 tonnes de ravitaillement russe sur le Danube et ce en quelques semaines à la fin de février 1944.
Enfin durant la bataille des Ardennes, il infiltre ses troupes de choc en uniformes américains avec pour objectif les ponts de la Meuse. L’opération échouera d’un rien.
Cette opération lui aurait coûté la vie devant le tribunal de Nuremberg sans l’intervention du commandant F. Yéo. Thomas de l’Intelligence Service qui expliquera avoir employé les mêmes méthodes et finira sa déposition par un étonnant :  » Messieurs, le colonel Skorzeny et ses officiers se sont toujours conduits en gentleman pendant la guerre. »

Après son évasion d’un camp de dénazification en 1948, l’on croit voir Skorzeny partout. Agent américain, bénéficiaire du fameux  » trésor du lac Töplitz », instructeur de l’armée égyptienne ou encore dans les bras d’Evita Péròn, jusqu’à ce que la maladie l’emporte le 7 juillet 1975. »

Coupure de journal de 1975 présente dans l’exemple de mon livre annonçant le décès d’Otto Skorzeny

Extrait, Page 187 : Un général commandant une division ou un corps d’armée en ligne a presque toujours la fâcheuse habitude de minimiser ses pertes. Lorsque son rapport parvient à l’état-major supérieur, il est encore modifié dans un sens favorable. J’en veux donner ici un exemple. Au cours de l’été 1944, mon vieil ami H.U. Rudel, notre meilleur pilote de Stukas (2700 vols victorieux) fut reçu par Hitler, puis par Goering qui avait l’ordre express du Führer d’interdire à Rudel de continuer à voler. Le colonel venait en droite ligne du front de l’Est et Goering, avant de lui faire connaître la décision du Führer – dont Rudel refusa d’ailleurs de tenir compte – lui annonça « une bonne nouvelle » :

« Dans votre secteur, lui dit-il, nous avons monté une jolie contre-offensive qui sera soutenue par 300 chars. En tête, la 14e division attaquera avec 60 chars… » Or, Rudel avait conversé l’avant-veille avec le général commandant cette division. Celui-ci lui avait avoué qu’il ne possédait plus un seul char en état de combattre. Goering, informé de ce détail, ne le crut pas et téléphona pour se renseigner. Il apprit bientôt que le colonel disait vrai, et qu’au lieu des 300 chars annoncés, on ne pouvait en mettre en ligne qu’une quarantaine.
L’  « offensive » fut annulée.
Je fus témoin d’une scène semblable en septembre 1944. Je passai trois jours au G.Q.G.(O.K.W.) où j’assistai quotidiennement – pour information – aux deux conférences d’état-major dites « situation de midi » et « situation de vingt-deux heures ».
Les deux premiers jours, les officiers d’état-major, ayant préparé la carte avec l’indication des unités disponibles dans le sud-est, je vis Hitler conduire le Kriegspiel en tenant soigneusement compte des indications qui lui avaient été fournies.
Lorsqu’il était question d’une partie du front n’intéressant pas les officiers convoqués, ceux-ci se retiraient dans l’antichambre et attendaient qu’on les appelât. C’est ainsi que j’avais involontairement assisté le premier jour à une discussion entre deux officiers portant la bande amarante des brevetés d’état-major.
« Tu sais très bien, disait l’un, que sur les trois divisions signalées au nord-est, deux sont réduites à l’effectif d’un régiment, ou à peu près, et que si la troisième veut mettre en ligne deux bataillons, elle aura du mal. Cela ne peut pas marcher…
Cela ne marchera sûrement pas, disait l’autre, et ni toi ni moi n’y pouvons rien! » Je m’éloignai pour ne pas en entendre davantage.

Le troisième jour, le Führer, ayant posé des questions précises et d’autant plus embarrassantes sur ces divisions fantômes, comprit qu’on l’avait trompé. « Ainsi, s’écria-t-il, les directives envoyées avant-hier étaient basées sur l’existence de divisions dont j’apprends, maintenant, qu’elles n’existent pas ! Ceux qui sont sur le front doivent penser que les ordres que j’ai donnés sont insensés ! Pourquoi me mentir ainsi, messieurs ? Pourquoi ? Je veux, j’exige qu’on me dise la vérité, car c’est la vie même de braves soldats qui est en jeu ! » Hitler ne mordit pas le tapis, ne grimpa pas aux rideaux. Il y avait seulement dans sa voix rauque autant d’indignation que de désespoir.

En outre, il est certain que, s’il avait ordonné à l’Est tous les replis que suggéraient ses généraux, non seulement il n’y aurait plus aujourd’hui d’Allemagne, mais les armées soviétiques occuperaient toute l’Europe.
Otto Skorzeny – La guerre inconnue – Chez Albin Michel.

 

Colonel Otto Skorzeny

 

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