Radio-Canada

« La Normandie, cette Normandie que l’on veut toujours revoir comme le dit la chanson, après tout, c’est un peu chez nous, d’autant plus chez nous aujourd’hui que certains de nos gars y dorment leur dernier sommeil sous ce sol riche que leurs ancêtres ont quitté pour aller fonder la Nouvelle-France. »

Marcel Ouimet, correspondant de guerre pour Radio-Canada, débarqué le 6 juin 1944

Ils ont débarqués !

« Sous le commandement du général Eisenhower, les forces navales alliées, appuyées par de puissantes forces aériennes, ont commencé ce matin à débarquer les armées alliées sur la côte nord de la France »

Colonel Ernest Dupuy. Attaché de presse du général Dwight D. Eisenhower. 6 juin 1944 9h33.

mon Dieu, ne m’oubliez pas…

Partout, à bord de tous les navires de l’immense flotte, les hommes qui, à l’aube, allaient écrire une page d’histoire, s’installèrent de leur mieux, pour prendre un peu de repos. En se roulant dans ses couvertures, le commandant Philippe Kieffer, de l’unique commando français, se rappela la prière de sir Jacob Astley à la bataille d’Edgehill, en 1642 :
Mon Dieu, pria Kieffer, Vous savez que je vais être terriblement occupé aujourd’hui. Si je Vous oublie, mon Dieu, ne m’oubliez pas…

Camp de Drancy 1942, plaque tournante de la déportation juive en France

Marcelle Christophe y était à cette époque avec sa fille Francine.

« Aux heures autorisées, Francine s’amusait dans la cour avec d’autres gosses. Un matin, elle remonta dans la chambrée, secouée de sanglots. « Maman ! regarde par la fenêtre ! Tout ce groupe d’enfants ! Les plus jeunes ont deux ou trois ans, les plus vieux une dizaine. Ils n’ont plus de papa et de maman. Vont-ils, eux aussi, partir pour Pitchipoï ? »

C’est ainsi que les enfants de Drancy appelaient ce lieu étrange et inquiétant qu’on ne savait pas encore être l’enfer…

(La France  torturé de Gérard Bouaziz.)

Ami, si tu tombes…

La nuit qui précéda sa mort

Fut la plus courte de sa vie

L’idée qu’il existait encore

Lui brûlait le sang aux poignets

Le poids de son corps l’écœurait

Sa force le faisait gémir

C’est tout au fond de cette horreur

Qu’il a commencé à sourire

Il n’avait pas un camarade

Mais des millions et des millions

Pour le venger, il le savait

Et le jour se leva pour lui.

Paul Eluard.

Un seul combat

Lord Lovat

Simon Christopher Joseph Fraser dit Lord Lovat :

« Vous allez rentrer chez vous.Vous serez les premiers militaires français en uniforme à casser la gueule des boches en France même.Vous aller nous montrer ce que vous savez faire. »

Je me souviens

 

Je me souviens d’un temps
que je n’ai pas connu
Je me souviens d’un jour
que je n’ai pas vécu
Je me souviens de tout
pourtant je n’ai rien vu
et si je m’en souviens,
c’est parce que je suis libre.

La résistance continue

Un chant s’envole

Fenêtre grillagée, bâtisse où règne l’ombre,

Où le soleil ne luit qu’entre des murs très hauts,

Où le regard cherchant des horizons nouveaux

Se heurte à la grisaille, l’uniformité sombre.

C’est la triste Roquette où, bien loin de la vie,

Sont celles qu’on accuse d’aimer trop leur Patrie

Un chant s’envole et monte et remplit le faubourg,

Clamant bien haut la haine, la souffrance et l’espoir.

Français, délivrez-nous ! Vous ne pouvez savoir

Combien dure est l’attente et le silence lourd !

jacqueline Farge – La Roquette – 14 juillet 1943.

Extrait de La France Torturée de Gérard Bouaziz (Préface de Lucie Aubrac) 

 

L’invasion dans 48 heures

Extrait traduit du journal des marches et opérations de la 15ème armée allemande faisant allusion au message Verlaine capté sur la BBC par les services de renseignements allemand.

« Les sanglots longs des violons de l’automne

Blessent mon coeur d’une langueur monotone. »

D’après ce message l’invasion commencera dans les prochaines 48 heures….